L'Actualité stendhalienne sur le blog Stendhal

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Paul Désalmand

CHER STENDHAL, UN PARI SUR LA GLOIRE

Éditions Bérénice
Distribution :  Collectif des éditeurs indépendants
37, rue de Moscou
75008 Paris.

 

adresse E-mail de l'auteur : pablodesal@noos.fr

 

SOMMAIRE

CHER STENDHAL

sur le site

http://www.armance.com

LISTE DES FICHIERS

1 Dossier préparatoire par livres lus

2 Références des éléments cités ou chapardés

3 Index des auteurs cités

4 Mots-clés par thèmes

5 Mots clés par oeuvres

6 Bibliographie

7 Remerciements

8 Chapitres non retenus ou non terminés

9 Articles dans la presse

10 Index par noms de personnes

11 Index des personnages

12 Réactions sur site Reysset

13 Actions de promotion et conférences

14 Émissions radio ou TV

15 Histoire éditoriale du livre (Cher Stendhal)

16 Index des noms de lieux

17 Index des thèmes

18 Éléments du tome II

19 Éléments sur la collection CHER GRAND HOMME (en projet)

20 État des ventes ou des droits dérivés ou voisins

21 Du même auteur (passé et futur)

22 Courrier reçu par l'auteur avant et après publication

23AVIS DE RECHERCHE

24 Où le trouver


 

RÉFÉRENCES PAR CHAPITRE

Quelques références manquent qui sont remplacées par des barres obliques (////). Nous comptons sur les visiteurs du site pour nous aider à localiser ces textes.

Si vous constatez des différences avec la version que vous connaissez, cela peut provenir du fait que nous ne partons pas de la même édition. Mais n'hésitez pas à signaler toutes les erreurs car nous préparons déjà la deuxième édition.

ABREVIATIONS

Pour plus de précisions sur les livres cités ici, se reporter à la bibliographie.

Alain, Alain, Propos, tome 1, Pléiade.

Baud, Baudelaire Charles, Œuvres complètes, éd. Le Dantec, Pléiade.

Bos, Bosquet Alain, La Fable et le fouet, Gallimard.

Buz, Buzzati Dino, Un amour, Le Livre de poche

Cam, Camus Albert, Théâtre, récits, nouvelles, Pléiade.

Cas, Michel del Castillo, Né de père français, Grasset.

Cercle, Stendhal, Œuvres complètes, Édition du Cercle du Bibliophile. Le premier chiffre donne le numéro du volume, le second celui de la page.

Cham, Chamfort, Maximes et pensées…, GF.

Char, Char René, Œuvres complètes, Pléiade.

Cœur, Martineau Henri, Le Cœur de Stendhal, 2 vol., Albin Michel.

Cor 1, Cor 2, Cor 3, Stendhal, Correspondance, respectivement tomes 1, 2 et 3, Pléiade.

Cro, Crouzet Michel, Stendhal ou Monsieur Moi-même, Flammarion.

DA, Stendhal, De l'amour, Le Livre de poche.

Den, Denier André, , Stendhal Club n° 2.

Denis, Denis Maurice, Le Ciel et l'Arcadie, Hermann.

Felb, Felberg Lily R., Stendhal et la question d'argent au cours de sa vie, Collection stendhalienne n° 19, Grand Chêne.

Gide, Gide André, Journal, tome 2, Pléiade.

Gra, Gracq Julien En lisant en écrivant, Corti.

Heis, Heisler Marcel, Stendhal et Napoléon, Nizet.

Laur, Laurent Jacques, Stendhal comme Stendhal…, Grasset.

Man, Manéglier Hervé, Les Artistes au bordel, Flammarion.

Matz, Matzneff Gabriel, Maîtres et complices, Jean-Claude Lattès.

Maur, Mauriac François, Le Romancier et ses personnages, Pocket.

MT, Stendhal, Mémoires d'un touriste, dans Voyages en France, Pléiade.

Mul, Muller Maurice, , Stendhal Club n°38.

Nie, Lettres, Nietzsche Friedrich, Dernières lettres, Rivage poche.

Nie, Nietzsche Friedrich, Œuvres, tome II, Bouquins.

OI 1 et OI 2, Stendhal, Œuvres intimes, tomes 1 et 2, Pléiade sous la direction de Del Litto.

OI Mar, Stendhal, Œuvres intimes, Pléiade sous la direction de Martineau.

PL, Stendhal, Paris-Londres, chroniques, Stock.

Rom 1 et Rom 2, Stendhal, Romans, tomes 1 et 2, Pléiade.

Rou, Rousseau Jean-Jacques, Confessions et autres textes, Pléiade.

Roy, Roy Claude, Permis de séjour, 1977-1982, Gallimard.

Rud, Rude Fernand, Stendhal et la pensée sociale de son temps, Gérard Monfort.

Sag, Sagan Françoise, Œuvres, Bouquins.

Taine, Taine Hippolyte,Philosophie de l'art, Slatkine Reprints.

Voy Fr, Stendhal, Voyages en France, Pléiade.

Voy It, Stendhal, Voyages en Italie, Pléiade.

Épigraphe

Page 5, : Gra, 45-46.

Page 9, : Cor 3, 435.

Page 10, : Cro, 743.

Page 12, : OI 1, 17 ; : Cor 1, 44.

Page 13, : Cor 1, 44 ;

Pages 15-16, : Cercle 25, 451-453.

Page 16, : Cercle 25, 534.

Page 17, : Cercle 25, 530 ; : Cercle 25, 443 ; : Cro, 690 ; : Cœur 2, 380-381.

Page 19, : OI 2, 413 ; : Cercle 32, 192 ; éléments sur Thiers : OI 2, 1155-1156 ; firodea : Cro, 732.

Le Milanais

Page 22, : Cor 3, 462.

Condamnés pour médiocrité

Page 24, : OI 1, 232 ; : Cor 1, 609-610.

Page 25, : Cor 1, 609 ; : Cor 1, 352.

Page 26, : Voy It, 1048-1049.

Un noir coquin

Page 27, : OI 2, 598 ; : OI 2, 615.

Page 28, nez de la belle voyageuse : OI 2, 604.

Genève-Milan par le Saint-Bernard

Page 29, : OI 2, 936.

Page 30, , OI 2, 937 ; : OI 2, 959 ; : OI 2, 937.

Page 31, : OI 2, 946 ; : OI 2, 947 ; : OI 2, 944.

Les privilèges

Tout ce chapitre : OI Mar, 1525-1530 ou OI 2, 982-988.

Chère Pauline

Page 35, : Cor 1, 257 ; : Cor 1, 259 ; : Cor 1 : 345.

Page 36, : Cor 1, 29 ; : Cor 1, 69 ; : Cor 1, 2 ; : Cor 1, 120 ; : Cor 1, 168.

Page 37, : Cor 1, 150 ; : Cor 1, 68.

Page 38, : Cor 1, 348 ; : Cor 1, 344 ; : Cor 1, 598 ; : Cor 1, 1151 ; : OI 327 ou OI Mar, 697 ; : Cor 1, 164.

Page 39, : OI 2, 488 ; : Cor 1, 539.

Du mariage

Page 41, : Cor 1, 633 ; : Cor 1, 107 ; : Cor 1, 107.

Page 42, : Cor 1 : 1807 ; : Cor 1 : 349 ; : Cor 1, 343 ; : Cor 1, 348 ; : Cor 1, 344 ; : Cor 1, 343.

Page 43, : Cor 1, 371 ; : Cor 2, 155 ; , Cor 3, 221.

Page 44, : Roy, 69.

Grenoble, la nausée

Page 45, : OI 2, 620 ; : OI 2, 624.

Page 46, : OI 2, 473 ; : OI Mar, 35 ; : OI 1, 902 ; : Cor 1, 147.

Page 47, : OI 2, 624.

Mon père, ce scélérat

Page 49, : Cor 1, 986 ; : OI 2, 597 ; : OI 2, 869.

Page 50, : Cor 1, 821 ; : Cor I, 823 ; : OI 2, 558.

Page 51, : OI 2, 729 ; : OI 2, 788 ; : Cor 1, 327.

Page 52, : OI 2, 729.

Le monde s'effondre

Page 53, : OI 2, 556 ; : OI 2, 563 ; : OI 2, 676 ; : OI 2, 567 ; : OI 2, 567.

Page 55, : OI 2, 568 ; : OI 2, 568 ; : OI Mar 26.

Page 56, : OI Mar, 27 ; : OI 2, 653 ; sur père rendu responsable : OI 2, 1375 ; commentaire V. Del Litto : OI 2, 1352-1353 ; : OI 2, 563.

Page 57, : OI 2, 564.

Considérations sur la bassesse d'âme

Page 59, : OI Mar, 358 ; : OI Mar, 358.

Page 60, : OI Mar, 358 ; : Cham, 123 ; : Cor 1, 126 ; : Cor 2, 717 ; : OI Mar, 1413 ; : OI 2, 730 ; : OI 1, 909.

Page 61, : OI 1, 334 ; : OI 1, 386.

Page 62, : PL, 19 ; :////// ; : OI 1, 331 ; lingots d'or : Cor 1, 335.

Page 63, : OI 1, 99 ; : OI 1, 219.

Le peuple et la canaille

Page 65, : OI Mar, 224 ; : OI Mar, 139 ; : OI 2, 678.

Page 66, : OI Mar, 132 ; : OI Mar, 139 ; : Cercle 13, 370 ou Voy It, 507-508 ; : Cercle 13, 370.

Page 67, : Cercle 13, 371.

Tatillonnage et vanité

Page 69, : OI 1, 557 ; : Cor 1, 94 ; : Cor 2, 184.

Page 70, : OI 2, 280 ; : Cor 1, 54 ; : Matz, 55.

Page 71, : Cor 1, 97 ; : Cor 1, 589-590 ; : OI 1, 96.

Le pornographe

Page 73, : Rom 1, 298 ; : Rom 1, 543 ; : Rom 2, 437 ; : Voy It, 841.

Page 74, : Rom 2, 972 ; : Rom 2, 973 ; : Laur, 211.

Page 75, : Cor 2, 96 ; : Cor 2, 98 ; : OI 1, 404-405 ; : OI 1, 731.

Page 76, : OI 1, 483 ; : OI 1, 419 ; : OI 1, 393 ; : OI 1, 524 ; : OI 1, 480 ; : OI 1, 432-433.

Page 77, , OI 1, 746 ; : Cor 1, 1005-1006 ; : OI 1, 311.

Page 78, : OI 1, 20-21 ; : Cercle 33, 323 ; : OI 1, 345.

Page 79, : OI 1, 135-136.

Douleurs cuisantes

Page 81, : Den, 107.

Page 82, : Den, 107.

Page 83, : Cor 1, 1000 ; : Cor 1, 812 ; : OI 1, 641 ; : Cor 1, 539.

Page 85, : Man, 7 ; , Man, 57 ; : Man, 218 ; : Man, 30.

Stendhal poète

Page 87, : OI 2, 780 ; : PL, 397.

Page 88, , Rom 1, 279.

Page 89, , Cercle 33, 3-4.

Page 90, : Cercle 33, 3.

La vérité, l'âpre vérité

Page 91, : Rou, 1149-1150.

Page 92, : Cor 3, 140 ; : OI 2, 283.

Page 93, : OI 2, 552 ; : OI 2, 716 ; : OI 2, 532 ; : OI 2, 671.

Page 95, : Rom 1, 692 ; : Rom 1, 692 ; : Rom 1, 692.

Napoléon ou l'énergie

Page 97, : Rom 1, 785 ; : OI 2, 746.

Page 98, : Heis, 7 (dans MT) ; : OI 1, 947 ; : Heis, 59.

Page 99, : Rom 2, 25 ; : Cor 1, 14 ; : OI 2, 540.

Page 100, : OI 1, 268 ; : Rom 1, 404 ; : Heis, 93 et Vie int, 582 qui renvoie à Marginalia II, 13-14 dans édition du Divan) ; : Cercle 39, 353-354.

Mes chers tilleuls

Page 103, : OI 2, 873 ; : OI 2, 874 ; : OI Mar, 348.

Page 104, : OI Mar, 349.

Influences répulsives

Page 106, : OI 1, 591-592.

Page 107, : OI2, 399 ; : OI 2, 191 ; : Cor 1, 213.

Page 108, : Cercle 18, 249 (dans Rom 2, 652, pas la ponctuation (:) après morte).

Je hais les dimanches

Page 110, : Cor 1, 72 ; : OI 2, 730-731 ; : Voy It, 228 et note p. 1467.

Psychogéographie stendhalienne

Page 112, : OI 1, 676

Le grand mot : inventer

Page 115, : Cor 1, 184 ; : Cercle 1, 24 ; : Cor 1, 184.

Page 116, : OI 2, 103 ; : Voy Fr, 46 (dans MT) ; : Gide, Journal, 27.11.1941 ; : OI 1, 277 ; : Cercle 25, 525.

Page 117, : Rom 2, 1371 ; : Cor 2, 7 ; : Voy Fr, 560.

La science de l'homme

Page 119, : Cor 1, 144 ; : OI 1, 578 ; : OI 1, 369.

Page 120, : Cor 1, 144 ; : Cor 1, 144 ; : Cor 1, 235 ; : Cor 1, 347.

Page 121, : OI 1, 721 ; : Cor 1, 22 ; : Cor 1, 576.

Page 122, : OI 1, 819 ; : OI 1, 245 ; : OI 1, 711 ; : OI 1, 91.

Popeye, Stendhal et Saint-Simon

Page 123, : OI 2, 931 ; : OI 2, 851.

Page 124, : OI 2, 298 ; : OI 2, 273.

Stendhal écologiste ?

Page 125, : Cercle 16, 192 ; : Cercle 16, 87 ; : Rom 1, 262.

Page 126, : Cercle 24, 57 ; : Cercle 24, 296.

Page 127, : Cercle 35, 196 ; : Cor 1, 62.

Page 128, : OI Mar, 1088 ; : Cercle 15, 424.

Un moment de bonheur

Page 131, : OI Mar, 140-142.

Page 132, : OI Mar, 143 ; : OI Mar 143.

L'argent quand on en manque

Page 134, : Cor 1, 482.

Page 135, : OI 1, 605.

Page 136, : Felb, 53 (qui cite R. Dollot, Autour de Stendhal, p. 15).

Page 137, : Rom 1, 1148 ; : Rom 1, 768 ; : DA ch. 61, 256.

Les Anglais sont tristes

Page 139, : Voy It, 20 ; : Voy It, 703 ; : Voy It, 20.

Page 140, touriste prélevant un morceau de fresque : Voy It, 817 ; : Voy It, 846 ; //// ; : Cor 1, 904 ; ////, (même idée dans Voy Fr, 125) ; : Voy It, 863 ; : Cor 2, 121-122.

Page 141, : Voy It, 49 ; : PL, 376.

Page 143, : PL, 495.

L'ambition ou pourquoi devenir colonel

Page 147, : Voy It, 48 ; : Alain, 542 (3. 10. 1923) ; : OI 1, 851.

Page 148, : OI 2, 132 ; : Cor 1, 88 ; : OI 1, 457 ; : Cro, 180.

Page 149, : OI 1, 914.

La campagne de Russie

Page 155, verre de limonade : Cor 1, 893 ; : Cor 1, 528.

Page 156, : PL, 296 ; : PL, 297.

Page 157, : PL, 298 ; : Cro, 186.

Page 158, : Cor 1, 689.

Page 159, : Cor 1, 683 ; : Rud, 251 (interview du Temps, 28. 8. 1901).

Page 160, : Voy It, 933 ; : OI 2, 448 ; : Rom 2, 59 ; le jour de ses trents ans : Cor 1, 690.

Page 161, : Voy It, 323.

Heureusement qu'il y a Mozart

Page 163, : Nie, Lettres, 54 ; : OI 2, 5 ; : OI 2, 42.

Page 164, : Voy It, 289 ; : Cor 1, 659 ; : Cor 1, 366 ;

rince-bouche : Cro, 160 ; : Cor 1, 659.

Page 165, : Cercle 22, 238.

Page 166, : Cercle 22, 238

Le miroir déformant

Page 167, : Rom 1, 215 ; : Rom 1, 288 ; Eh, monsieur… » : Rom 1, 557.

Page 168, : Cercle 20, 148 ; : Cercle 32, 219.

Page 169, : OI 2, 1451 ; : Voy It, 541 ; : PL, 484 ; : Rom 1, 576.

Page 170, : Cercle 25, 534 ; : Maur, 31 ; : Maur, 43-44.

Le génie du soupçon

Page 173, : OI Mar, 1394 ou OI 2, 430

Page 176, : Sar, 73-74 ; : Rom 1, 775.

Page 177, : Rom 1, 773.

Le mystificateur

Page 180, : Voy It, 755.

L'art du roman

Page 184, : Cor 2, 645 ; : Cor 3, 536-537.

Chevalier de la manchette ?

Page 187, : OI 1, 904-905.

Page 188, pour le plaidoyer : Cœur, 1, 326.

Page 189, : Cercle 27, 93 ; : Flau, 483-484.

Le féministe

Page 193, : Rom 1, 996 ; : DA, 215 ; : DA, 216 (voir aussi OI 2 41) ; : DA, 215 ; : DA, 215.

Page 194, : Voy It, 56.

Page 195, : DA, 215 ; : DA, 214 ; : DA, 199.

Page 196, : Rom 1, 279, Texte exact en Pléiade : ; : Rom 1, 693 ; : DA, 60.

À nous les petites Anglaises !

Page 197, : OI 2, 483 ou Cercle 36, 88 ; : OI 2, 484 ou Cercle 36, 89 ;

: OI 2, 484.

Page 198, : OI 2, 485 ; : OI 2, 486 ; : OI 2, 1283.

Ce cher Stendhal

Page 207, : OI 1, 370.

Page 208, : Rom 1, 767.

Revenus éditoriaux

Page 215, Le Rouge et le Noir, Cor 2, 908-909.

Babilan ?

Page 217, : Baud, 1295-1296 ; : Cercle 5, XXIV.

Page 218, : Rom 1, 189 ; : Rom 1, 191 ou Cor 2, 97 ; : DA ch.4, 278.

Page 219, : DA, 344-345 ; : DA, 346.

Page 220 : : Cercle 36, 28 ; : Cercle 36, 29 ; : Cercle 36, 29.

Les lunettes vertes

Page 225, : DA ch. 17, 53 ; : DA, 473.

Page 226, : DA ch. 10, 41; : OI 2, 679.

L'enchantement de la nature

Page 227, : OI Mar, 14.

Page 228, : Rom 2, 877 ; : OI 1, 341 ; : DA, 235 ; : Buz, 161.

Page 229, : Buz, 159-160.

Comment voir un tableau

Page 232, : Cercle 27, 366.

Page 233, : Cercle 27, 88.

De l'émotion en peinture

Page 235, : Denis, 5 ; : Taine, 334-335.

Page 236, : Taine, 336 ; : Taine, 336.

Page 237, : Cercle 6, 160 ; : Mer, 18 ; : Cercle 49, 352.

Page 238, : Cercle 26, 116.

Page 239, : Cercle 27, 367 ; : Cercle 27, 364 ; »Assis en silence…» (cité par Jean Mélia, La vie amoureuse de Stendhal, Mercure de France, 1923).

Page 240, : ///////

Ne pas finir comme un jocrisse

Page 241, : Cor 1, 824 ; : OI 1, 916 ; : OI 1, 321 ; : OI 2, 997.

Page 242, : Voy It, 276 ; : Voy It, 276.

Page 242, , Rom 2, 1253.

Page 243, : Rom 2, 1174 ; : Rom 2, 156.

Page 244, : OI 1, 189 ; : Sag, 719 ; : OI 2, 471-472.

Page 245, : Rom 1, 651.

Enrichir la langue

Page 249, : DA, 351-352.

Page 251, : OI 2, 109.

La chute

Page 253, : Cam, 1208.

Page 254, : Cercle 35, 179-180.

Nietzsche

Page 257, : Nie, 593 ; : Nie, 1135.

Page 258, : Mul, 180.

Page 259, je cherche… : Mul, 174 (voir aussi Nie, 1139).

Né de père français

Page 266, : Cas, 317

La dernière bonne fortune

Page 267, : Bos, 30.

Le miracle de la Chartreuse

Page 272, : OI 2, 126 (voir aussi OI 2, 122, OI 1, 465, Cro, 489).

Les happy few

Pour les citations et traductions de Shakespeare, nous partons de l'édition Bouquins (p. 878- 883).

Page 277, : DA, 335 ; : OI 1, 789 ; : Voy IT, 366.

Page 278, : Voy It, 633 ; : PL, 124.

Page 279, : PL, 127.

Mon cher Henri

Page 284, : OI 1, 808 ; : //// .

Page 285, : Char, 275.

Sommaire

RÉFÉRENCES - chapardages - SUPPLÉMENT

PRÉFACE

P. 7: il y a bien un livre sur l'onomastique dans ARMANCE chez Droz, mais d'un volume moindre. Est-ce que je me moque ici des «savants»? Pas vraiment. Je leur rends hommage ailleurs (p. 19). Dans le livre sans doute, un peu d'humour sur ces savants qui se perdent dans le détail, mais en moins méchant que chez Stendhal. Car je suis sensible à l'énorme travail qu'ils ont fourni et qu'ils continuent de fournir. N'est-on pas en train de numériser les manuscrits? Comme bel exemple de savant François Michel (voir bibliographie), auteur d'études précieuses, et qui toute sa vie rêva d'une synthèse qui ne viendra jamais (et qui sans doute ne serait jamais venue). Car il est d'abord intéressé par le côté détective de la recherche. Personnellement, j'ai préféré commencer par la synthèse. Je vois mon livre comme un outil rhétorique, une architecture de mots destinée à produire un effet et en aucune manière comme de la recherche.

«Votre méthode de composition très éclatée…»: sur le livre déclencheur, voir page 207. Oui, ne cherchez pas dans un dictionnaire, «disparate» est bien un mot féminin. C'est le petit détail qui fait classe.

MOURIR DANS LA RUE (p. 9)

Troisième paragraphe. Il y a une contradiction entre ce paragraphe et le chapitre «Le plus grand bonheur» p. 15. À vous de la trouver.

LE PLUS GRAND BONHEUR (p.15)

On parle souvent des vacheries, des jalousies entre écrivains. Il y aurait pourtant un livre à faire sur le rôle extraordinaire des amitiés dans la vie littéraire. Je pense à Baudelaire, Stendhal, Blondin, Kafka. Même dans le domaine de la création les amis jouent un rôle important (même si on ne les écoute pas). Ce rôle a été très important pour mon propre livre (voir le fichier REMERCIEMENTS). Nietzsche souligne cet aspect: «Un bon écrivain n'a pas seulement son propre esprit, mais aussi l'esprit de ses amis.», HUMAIN, TROP HUMAIN, I, 180, p. 541, Œuvres, Bouquins, tome 1.

LE MILANAIS (p. 21)

Ou comment on peut chaparder un rythme. Voyez cet extraordinaire poème de Claudel sur Verlaine («L'irréductible» dans FEUILLES DE SAINTS, page 601 des œuvres poétiques en Pléiade).

LE MONDE S'EFFONDRE (p. 53)

Ceux qui connaissent la littérature négro-africaine auront reconnu dans le titre de ce chapitre, le titre d'un roman de Chinua Achebe, écrivain nigérian (originaire du Biafra). Beau roman sur la rencontre de l'Afrique traditionnelle et l'Occident disponible à Présence Africaine. Si vous ne lisez qu'un roman de la littérature négro-africaine anglophone, lisez celui-ci.

Sur le prénom (Henri), déjà prénom du frère mort, les parents ont choisi le prénom du grand-père, ce qui était souvent l'usage du temps.

CONSIDÉRATIONS SUR LA BASSESSE D'ÂME (p. 59)

Pour une défense de Félix Faure voir un article du Stendhal Club. ARROUS, Michel, en bibliographie.

TATILLONNAGE ET VÉRITÉ (p. 69)

Page 70: «La vanité est la grande porte du malheur». C'est du Stendhal ou presque. Les connaisseurs ont déjà vu qu'il m'arrive d'intégrer du Stendhal sans citations. Ainsi, page 104, quand je dis que les tilleuls «prennent des bourgeons» et, en d'autres endroits.

LE PORNOGRAPHE (p. 73)

Pas exhaustif, mais j'en garde pour le deuxième tome.

STENDHAL POÈTE (p. 87)

«Tout vers qui n'a pas la clarté de la prose ne vaut rien». Celui qui m'aidera à localiser cette citation aura droit à une bouteille d'apremont. Je sais seulement que j'avais eu cette phrase comme sujet de dissertation quand j'étais en classe de Première et que ma note avait été 3. Depuis, j'ai lu Mallarmé. Un CHER MALLARMÉ, ce ne serait pas mal, non?

LA VÉRITÉ, L'ÂPRE VÉRITÉ (p. 91)

À la suite de «Montaigne, Rousseau, Stendhal, Gide», j'aurais pu ajouter Sartre. Son goût d'une grande sincérité, d'une authenticité (par refus de la mauvaise foi), son autobiographie décapante, son refus de se figer dans une attitude (même si vers la fin cela ressemble au souci de rester dans le vent), autant d'éléments… Rendez-vous dans le tome 2.

Sur Rousseau, j'ai un peu développé avec des exemples dans un ouvrage pédagogique (Prépabac-Français, Hatier).

Page 95: «Un chasseur…»: une dimension métaphysique qui se retrouve en d'autres endroits du ROUGE. Pas si fréquent que ça dans la littérature du temps.

INFLUENCES RÉPULSIVES (p.105)

Mon ami Jean-Pierre Dautun parle d'influences RÉVULSIVES. Mon ami Yves Feugeas préfère RÉPULSIVES.

L'ARGENT QUAND ON EN MANQUE (p. 133)

Je relis actuellement Sainte-Beuve pour voir si je n'ai pas été un peu trop sévère avec lui. Au moins un point commun avec Stendhal: le manque d'argent et la nécessité d'une écriture alimentaire.

Daru: on a envie de le connaître mieux car il a l'air d'avoir été gentil avec Stendhal qui était quand même un sacré numéro. Népotisme qui fait penser un peu à l'Afrique d'aujourd'hui.

Page 137: il aurait fallu commenter les «11 000 francs par mois». Il s'agit là d'une estimation mécanique qui ne tient pas compte d'un fait important: tous les prix n'ont pas évolué de la même manière depuis cette époque. Pour comprendre ce passage il faut lire les chapitres des pages 209 et 216. À partir de là, on comprend qu'il faut augmenter le revenu minimum garanti que souhaite Stendhal. C'est plutôt un revenu assuré de 50 000 - 60 000 F par mois dans la monnaie d'aujourd'hui qui serait pour lui ce qui devrait suffire au sage.

SAUVÉ! (p. 151)

Stendhal a bien eu une frayeur du côté de Pont Saint-Esprit, mais il était en bateau. Ce fait, lu en passant, et non noté, est sans doute la petite graine d'où est sorti ce chapitre.

LE MIROIR DÉFORMANT (p.167)

Page 171: «Selon le mot de l'un de ses biographes…» Il s'agit de Crouzet évoqué par la même expression page 10. Je donne son nom quelque part dans le livre ainsi que je le fais pour ceux à qui je dois le plus.

LE MYSTIFICATEUR (p. 179)

C'est un point où je me sens proche de Stendhal: un incurable goût pour la déconnaison lié à une grande rigueur dans ce que j'entreprends.

Au passage: le mélange du «nous» de respect et du «je» dans ce livre est évidemment voulu. Cela à l'intention du cuistre qui… Bon, pas de vinaigre.

Page 181: «passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile»: on aura évidemment reconnu Courteline.

LE FÉMINISTE (p. 191)

Page 191: «Le mieux est d'écarter tout de suite ces objections.»: si l'on y regarde bien l'auteur n'en écarte qu'une.

LE SYNDROME DE JEAN VALJEAN (p. 199)

Pour les férus de typographie quelle est l'erreur commise dans cette page ?

Page 201: «Stendhal est entré en littérature par le vol, sans justifier son crime par l'assassinat.» Se réfère évidemment à deux formules de Rivarol que je cite de mémoire, mais dont je peux vous retrouver le texte exact et les références si vous me les demandez: «Le génie égorge ceux qu'on pille.» Je trouve que c'est mieux en disant «ceux qu'il pille», mais Rivarol dit bien «qu'on» (si ma mémoire est bonne). L'autre formule est «En littérature, le vol ne se justifie que par l'assassinat.»

CE CHER STENDHAL (p. 207)

On me dit qu'il y a un livre intitulé CHER GEORGES SAND.

La référence à Martial est de seconde main, mais comme l'auteur utilisé n'a pas été très bien avec moi, j'évite de luifaire de la publicité. La traduction est de moi (qui n'ai pas fait de latin). Je crois que ce n'est pas le trahir que d'expliciter le texte latin (qui dans le contexte n'a pas besoin d'être explicité).

DE L'ÉMOTION EN PEINTURE (p. 235)

Un exemple du syndrome de Zorro (voir page 199): Stendhal essaie dans un texte non cité et que j'ai la flemme de localiser qu'il est le découvreur du Corrège, ce qui n'est pas exact.

NE PAS FINIR COMME UN JOCRISSE (p. 241)

Page 245. Napoléon aurait été sauvé par un pharmacien qui aurait pratiqué de vigoureux lavages d'estomac. Ce pharmacien était un bâtard de Louis XV. Si j'en crois le Quid où j'ai modestement puisé cette information.

ACTUALITÉ DE STENDHAL (p. 261)

Mon livre était terminé quand a commencé la guerre (?) en Serbie. J'ai été tenté d'y faire référence en modifiant le compuscrit, mais mes ajouts avaient toujours un côté rapporté et opportuniste. J'en suis donc resté à la version initiale. Mais qu'aurait pensé Stendhal de cette guerre façon Guernica?

Page 261: les personnes disposant d'une honnête culture, en lisant les lignes du bas de page ont évidemment reconnu Clemenceau.

Page 263: Nanon m'a conseillé de supprimer toutes ces références à Dieu. Mais si j'avais écouté tous ceux qui m'ont conseillé de supprimer tel ou tel passage, mon CHER STENDHAL aurait pu tenir sur un timbre.

AUTOPORTRAIT À LA MANIÈRE DE CHAMFORT (p. 281)

Je suis d'assez près l'autoportrait de Chamfort qui figure dans son livre cité en bibliographie (ch. V, n° 335, p. 126).

MON CHER HENRI (p. 283)

Encore un chapitre que l'on m'a demandé de supprimer.

Page 284: la formule «Et maintenant, nous avons mérité d'être indignes», n'est pas de Stendhal, mais d'Alain Bosquet. Si vous y tenez, je peux vous retrouver la référence.

Sur la citation de Char qui ferme le livre. Avec l'ami Feugeas, nous avons passé presque une semaine à vérifier toutes les citations. Cela nous a permis de constater, que les journalistes n'ont pas le monopole de la citation approximative. Dans les études universitaires consultées, une citation sur deux est inexacte.

Ce qui suit prend tout son sel si on sait que j'écris régulièrement aux journaux pour leur faire remarquer que telle ou telle citation est inexacte ou mal attribuée. Eh bien, dans la citation vers laquelle tend tout le livre, j'ai réussi à commettre trois erreurs (absence de capitale à l'initiale, manque de «sans preuve», inversion de «bonheur» et de «possible»). J'ai pensé, pendant un moment (court) à imiter Vatel ce qui aurait été une manière de passer à la postérité (Mort pour une citation!), mais j'ai résisté à cette solution de facilité. D'abord, cette erreur permet de constater que Char écrit mieux que moi. Ensuite, «principe de la vache crevée», je ferai sur la question un chapitre dans mon prochain livre.

Pour ceux qui n'ont pas lu le livre où j'énonce différents principes importants pour l'écrivain, le principe de la vache crevée se réfère à un texte de Jules Renard tiré du JOURNAL. L'auteur dit en substance: ma vache est crevée, mais ce n'est pas grave. Je vais écrire une nouvelle sur la mort de ma vache et ça va me permettre d'en acheter une autre.

Citation exacte avec élément précédent : « Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.» ŒUVRES COMPLÈTES en Pléiade page 275 à la fin d'un magnifique poème.


 

Index des auteurs cités

ALAIN, 43, 147, 193

ALFIERI, 36, 63.

AMIEL, 175.

ARBELET (Paul), 200.

ARIOSTE (L'), 105.

AZNAVOUR, 109.

BALZAC, 9, 15-18, 85, 116, 133, 170, 175, 205, 224, 272, 275.

BAUDELAIRE, 56, 174, 189, 217, 219, 231, 263..

BERANGER, 87.

BILLY (André), 207.

BOILEAU, 36.

BOSQUET (Alain), 265, 284 (formule chapardée : Et maintenant…).

BOSSI, 200.

BOSSUET, 70.

BRASSENS, 221.

BUBER, Martin, 230.

BUFFON, 36.

BUZZATI, Dino, 228-230.

BYRON, 70.

CALLAS, 217.

CAMUS, 253, 254, 256, 262.

CASANOVA, 70.

CASTILLO (Michel del), 265-266.

CATULLE, 221.

CERVANTÈS, 249.

CÉSAR, 70, 71.

CHAMFORT, 36, 62, 71, 105, 119, 152, 161, 189, 255, 281.

CHATEAUBRIAND, 51, 106, 201, 242, 251, 252.

CHÉNIER, 70.

CIORAN, 175.

COLETTE, 207.

CONDORCET, 259.

CORNEILLE, 36, 37, 105.

COURTELINE, 181.

CREBILLON, 36.

CROUZET (Michel), 180, 202.

DEL LITTO, 56.

DELACROIX, 24, 238, 272.

DELAVIGNE (Casimir), 143.

DENIS (Maurice), 235-236.

DESTUTT DE TRACY, 36, 51, 105, 120.

DOSTOIEVSKI, 253, 256, 258 (Karamazov), 262,

DRYDEN, 24.

ÉPICURE, 70.

ESCHYLE, 36.

EURIPIDE, 36.

FELBERG (Lily R.), 209.

FLAUBERT, 117, 152, 189, 207, 208.

FONTENELLE, 53.

FRANKLIN, 51.

FREUD, 55, 263.

GAULTIER (Mme Jules &emdash;), 183-185.

GAUTIER, 85, 231.

GIDE, 91-95, 106, 116, 175, 252.

GOETHE, 137, 258

GOLDONI, 169.

GOLDSMITH, 276.

GRACQ (Julien), 5.

GRENIER (Roger), 207.

HELVÉTIUS, 62.

HOMÈRE, 36.

HORACE, 221.

HUGO, 106-107, 160, 278-279.

JANIN (Jules), 275.

JEAN-JACQUES, voir ROUSSEAU.

KAFKA, 253.

KIERKEGAARD, 37.

KUBRICK (Stanley), 160.

LA BRUYÈRE, 105.

LA FONTAINE, 36.

LA ROCHEFOUCAULT, 95, 131.

LAURENT (Jacques), 74, 113.

LÉAUTAUD, 180.

LIPOVETSKY (Gilles), 146.

LITTRÉ, 78.

MACHIAVEL, 16.

MALRAUX, 151.

MANÉGLIER (Hervé), 85.

MARNITTO (Octave de), 8

MARTIAL, 221.

MARTINEAU (Henri), 188.

MATZNEFF, 70.

MAUPASSANT, 83, 141, 152.

MAURIAC, 170.

McCARTHY, 145.

MÉRIMÉE, 43, 85, 235, 272, 275.

MOLIÈRE, 11, 119, 249.

MONTAIGNE, 70, 91-95, 121, 153, 207, 218, 221, 248, 252, 263.

MONTESQUIEU, 36, 279-280.

MUSSET, 85.

NAPOLÉON, 97, voir aussi index des noms de personnes.

NEWTON, 271,

NIETZSCHE, 25, 163, 253, 256, 257-259, 262, 263.

NODIER, 272.

OVIDE, 221, 249.

PASCAL, 95, 105, 248, 262.

PESSOA, 180.

PICARD, 169.

PICASSO, 175.

PLUTARQUE, 70.

PROUST, 17.

RACINE, 9, 36.

RAMBAUD (Patrick), 205.

RIMBAUD, 152, 284.

ROUSSEAU (Jean-Jacques), 29, 30, 36, 51, 91-95, 105, 106, 153, 164, 172, 202, 221.

ROY(Claude), 44.

SAGAN (Françoise), 244.

SAINT-RÉAL, 167.

SAINT-SIMON (duc de), 36, 119, 123-124,

SAINTE-BEUVE, 17, 179.

SAN-ANTONIO,110

SAND, 192.

SARRAUTE (Nathalie), 175-176.

SARTRE, 56, 117, vois aussi sur Internet «Supplément aux références» relatif à p.

91 sq.

SCHOPENHAUER, 262.

SCRIBE, 216.

SÉGUR (comte de), 156-157.

SÉVIGNÉ (Mme de), 218.

SHAKESPEARE; 9, 24, 36, 105, 123, 180, 194, 276-277.

SOPHOCLE, 36.

STAËL (Mme de), 100, 106, 202.

TAINE, 235-236, 238.

TCHEKHOV, 207.

THUCYDIDE, 258.

TOCQUEVILLE, 145.

TOLSTOÏ, 159.

TRACY, voir DESTUTT DE TRACY.

VAN GOGH, 53, 256.

VÉRAN (Françoise), 109.

VERLAINE, 22.

VINCI (de), 24,

VIRGILE, 36.

VOLTAIRE, 37, 87, 88, 169,

WOOLF (Virginia), 194.

ZOLA, 168, 169.


BIBLIOGRAPHIE

ŒUVRES DE STENDHAL

Le corpus a été constitué par les 50 volumes dans l'édition du Cercle du Bibliophile dirigée par V. Del Litto (Slatkine reprints), les 10 volumes en Pléiade (Gallimard) et De l'amour dans la collection Le Livre de poche.

Pour les dix volumes en Pléiade, dont certains sont épuisés, en voici la liste.

O1 Mar : Œuvres intimes, sous la direction de Martineau.

OI 1 : Œuvres intimes, sous la direction de Del Litto, tome 1.

OI 2 : Œuvres intimes, idem, tome 2.

CoR 1 : Correspondance, tome 1.

Cor 2 : Correspondance, tome 2.

Cor 3 : Correspondance, tome 3.

Rom 1 : Romans, tome 1.

Rom 2 : Romans, tome 2.

Voy It : Voyages en Italie.

Voy Fr : Voyages en France.

Si vous voulez en savoir plus, vous n'avez qu'à vous inscrire au Club des amis de la Pléiade ou quelque chose comme ça. Cela vous permettra d'être tenu au courant des rééditions.

La référence Id qui apparaît dans les dossiers préparatoires correspond à Cor 1.

ŒUVRES CRITIQUES SUR STENDHAL

ALAIN, Stendhal et autres textes, 1935, Puf, 1948, (édition, 208 p.

ARROUS, Michel, « Note sur la carrière politique de Félix Faure », Stendhal Club n° 92,15.07, 1981, p. 358-363.

ASSOCIATION DES AMIS DE STENDHAL, Stendhal et le mirage italien, 1992, 304 p.

BERTHIER, Philippe, Stendhal et ses peintres italiens, Droz, 1977, 184 p.

BILLY, André, Ce cher Stendhal, Récit de sa vie, Flammarion, 1958, 286 p.

BOLSTER, Richard, Stendhal, Balzac et le féminisme contemporain, Minard, 1970, 228 p.

BOSSELAERS, Remi, « Note sur la cristallisation », Stendhal Club n° 39, 15. 04. 1968, p. 277-282.

BOUSSARD, Nicolas, Stendhal et la campagne de Russie, 1812, Le Blanc, le Gris et le Rouge, Kimé, 1997, 160 p.

CHESSEX, Robert, « Dans la peau de l'arbre. Quelques aspects du rôle psychologique des arbres dans l'œuvre de Stendhal », Stendhal Club n° 99, 15. 04. 1983, p. 356-366.

CHESSEX, Robert, « Un touriste qui aime les arbres», Stendhal Club n° 65, 15. 10. 1974, p. 17-36.

CROUZET, Michel, Stendhal ou Monsieur Moi-même, Flammarion, 1990, 802 p.

DEL LITTO, Victor, « Enrico Beyle Milanese », Stendhal Club n° 87, 15.03. 1980, p. 197-207.

DEL LITTO, Victor, « Introduction », Mémoires d'un touriste, La Découverte, 1981, p. 5-57.

DEL LITTO, Victor, La Vie intellectuelle de Stendhal, Genèse et évolution des idées (1801-1821), Puf, 1962, Slatkine Reprints, 1997, 736 p.

DENIER, André, « Richerand, médecin consultant de Stendhal », Stendhal Club n° 2, 15.01. 1959, p. 101-102.

DIDIER, Béatrice, Stendhal autobiographe, Puf, 1983, 318 p.

DIX-NEUF VINGT, Revue de littérature moderne, Stendhal, Romanciers d'aujourd'hui (1), n° 2, octobre 1996.

DOYON, André, « Le dossier de la mort de Stendhal », Stendhal Club n° 36, 15. 07. 1967, p. 317-321.

DUTOURD, Jean, L'Âme sensible, Gallimard, 1959,///

EUROPE, Stendhal, août-septembre 1983, 224 p.

FELBERG, Lily R., Stendhal et la question d'argent au cours de sa vie, Collection stendhalienne n°19, Éd. du Grand Chêne, 1975, 116 p.

HAYDEN SILER, James, « Stendhal et l'Amérique», Le Divan, juillet-septembre 1947, p. 131-134.

HEISLER, Marcel, Stendhal et Napoléon, Nizet, 1969, 224 p.

LAURENT, Jacques, Stendhal comme Stendhal ou le mensonge ambigu, Grasset, 1984, 288 p.

MARTINEAU, Henri, Le Cœur de Stendhal, Albin Michel, Tome 1, 1952, 452 p., Tome 2, 1953, 488 p.

MÉRIMÉE, Prosper, H.B., Mille et une nuits, 1996, 56 p.

MICHEL, François, Études stendhaliennes, Mercure de France, 1972, 520 p.

MULLER, Maurice, « Stendhal et Nietzsche », Stendhal Club n°38, 15. 01. 1968, p. 167-180.

RUDE, Fernand, Stendhal et la pensée sociale de son temps, Gérard Monfort, 1983, 366 p.

SABATIER, Pierre, Esquisse de la morale de Stendhal d'après sa vie et ses œuvres, Collection stendhalienne n° 15, 1973, 128 p.

SOUPAULT, Robert, Stendhal intime, éd. des Sept couleurs, 1975, « Les maladies vénériennes », p. 79-85.

STÉPHANE, Roger, La Gloire de Stendhal, Quai Voltaire, 1994, 238 p.

DIVERS

BOSQUET, Alain, La Fable et le fouet, Gallimard, 1995, 400 p.

BUZZATI, Dino, Un amour, Robert Laffont, Le Livre de poche, 1994 (édition originale, Montadori, 1963), 384 p.

CHAMFORT, Maximes, Pensées, caractères, Garnier-Flammarion, GF, 1968, 444 p.

DENIS, Maurice, Le Ciel et l'Arcadie, Hermann, 1993, 242 p.

GRACQ, Julien, En lisant en écrivant, José Corti, 1988, 306 p.

HARDY, Georges, La Question de la Population et le problème sexuel contenant une étude sur l'avortement, sa nécessité, ses procédés, ses dangers, s.d., chez l'auteur.

LIPOVETSKY, Gilles, Le Crépuscule du devoir, Gallimard, 1992, 292 p.

MANÉGLIER, Hervé, Les Artistes au bordel, Flammarion, 1997, 358 p.

MATZNEFF, Gabriel, Maîtres et complices, Jean Claude Lattès, 1994, 328 p.

MAURIAC, François, Le Romancier et ses personnages, Pocket, Agora, 1990, 128 p.

NIETZSCHE, Friedrich, Dernières lettres, Rivages, 1989, 164 p.

NIETZSCHE, Friedrich, Œuvres, Robert Laffont, Bouquins, tome 2, 1993, 1752 p.

ROY, Claude, Permis de séjour, 1977-1982, Gallimard, 1983, 366 p.

SAGAN, Françoise, Œuvres, Robert Laffont, Bouquins, 1993, 1490 p.

SARRAUTE, Nathalie, L'Ère du soupçon, Gallimard, Idées, 1956. 192 p.

Sommaire


RÉFÉRENCES

INDEX DES NOMS DE PERSONNE

(auteurs exceptés)

ADÈLE, 15.

AGLAÉ, 77.

ALEXANDRINE, 220, 226.

ANGELA, 284.

ANGELINA, voir BEREYTER.

ANGELINE, 77.

ARISTIDE, 70.

BAROT, 197

BAYLE (docteur), 83.

BEETHOVEN, 165.

BEREYTER (Angelina), 160.

BERGOGNIÉ, 148

BERLIOZ, 165.

BERTHET (Antoine), 170, 171.

BERTIN DE VAUX, 43.

BEYLE (Chérubin), 49-52, 56.

BEYLE (Zénaïde-Caroline), 53.

BONAPARTE, 12, 21, 100, voir Napoléon.

BOULANGER (général), 245.

BROUGHAM (lord), 244.

BURELVILLERS (capitaine), 30.

BUSCHE, 148.

CACAULT, 89, 90.

CÉSAR, 70, 71.

CHAMPION (éditeur), 79.

CHRIST, 235

CIMAROSA, 164, 165, 166.

CINI (comtesse), 19.

CLEMENCEAU, 245.

COLOMB (Romain), 241.

CORRÈGE, 235, 239.

COUTURIER, voir Delamare, 171.

CROZET (Louis), 49, 202.

CURIAL (comtesse), 220-221.

DANTON, 167.

DARU (Pierre), 12, 133, 148, 158.

DELAMARE (Delphine née Couturier), 171.

DELMAS (général), 97.

DEMBOWSKI (Matilde) 153, 197, 223-225.

DÉSALMAND (Paul), 7.

DUCLUSEL (Mme), 77.

DUROC, 158.

DUVIEUX, 90,

FANFOUÈ (d'Arenthon), 202.

FAURE (Félix), 59, 61, 155.

FEUGEAS (Yves), 209, 286.

FILIP (Mme), 76.

FOREL (professeur de médecine), 84.

GAGNON (Gaétan), 158.

GAGNON (Henri), 50, 53, 119

GAGNON (Henriette), 50, 53-57.

GAGNON (Séraphie), 55, 56.

GIORGIONE, 236.

GIRARD, 78.

GRÉCO (Juliette), 109.

GUILBERT (Mélanie) alias Louason, 120, 132, 133, 151, 228.

GUIZOT, 149.

HANSKA (Mme), 17.

HARDY (Georges) HARDY, 84.

HAYDN, 152.

HENRY (Mme), 77.

INGRES, 165.

JARVIS (révérenf Mr), 143.

LACUÉE DE SAINT-JUST (baronne), 43.

LAVABRE (Mme), 76.

LE ROY, 131.

LOUIS XV, 279.

LOUIS XVIII, 242.

LUSINGE, voir MARESTE, 197.

MANTE, 51

MARESTE, 83, 197,

MARIE (mère du Christ), 237.

MARS (Mlle), 187.

MATILDE, voir DEMBOWSKI.

MÉTILDE, voir DEMBOWSKI.

MEYERBEER, 165.

MICHEL-ANGE, 231, 237.

MIGLIORINI (signor), 77.

MONET, 172.

MOREAU, 99.

MOZART, 106, 163, 259.

MUNGER (Esther), 163.

NAPOLÉON, 19, 21, 35, 97-106,117, 135, 117, 147, 157, 158, 180, 245, 281.

ŒHNHAUSEN (Mlle de), 76.

PALLARD (Mme), 75.

PAULINE, 12, 13, 24, 35-39, 53, 62, 83, 120, 123, 134, 191-192.

PÉRIER, (Mme), voir PAULINE, 39.

PIPELET (Mme), 78.

PLANA, 241.

POITEVIN, 220.

POMPÉE, 180.

PSEUDONYMES DE STENDHAL, 284-285

PYTHAGORAS, 218.

PYTHAGORE, voir PYTHAGORAS.

QUESNEL, 89.

R*** (banquier), 66.

RAILLANE (abbé), 27-29.

RAPHAËL, 232, 237, 238.

RENAUD (chanteur), 109.

REY, abbé), 57.

RICHERAND (médecin consultant), 81.

RINIERI (Giulia), 43, 203, 272.

RODIN, 201.

ROSSINI, 166.

ROUGET, 78.

RUBEMPRÉ (Alberthe), 55.

SAINT-SOUPLET (Mme de), 78.

SANDRE, 19.

SCIPION, 70.

SEGUIN (Georges), 263.

SYLVA (Berthe), 109.

THÉRÉSON, 83.

THIERS, 19.

TIVOLLIER (Mme), 75.

VÉRONÈSE, 236.

VESTRIS (le cadet), 77.

VINCI (de), 236.

WAGNER, 259.

WAISSIKOF (général), 187.

WEBER, 165.

Sommaire


INDEX DES NOMS DE PERSONNAGES

Abbesse de Castro, 189, 243.

Arlequin, 224.

Armance, 217, 242.

Bovary (Emma), 171.

Carrafa (cardinal), 253.

Céliane, 243.

Chasteller (Mme), 192.

Chrysale, 168.

Clélia Conti, 73.

Clémentine (lady), 188.

Crépin Crépinien, 176.

Crispin Crispian, voir Crépin Crépinien.

Desqueyroux (Thérèse), 171.

Duchesse de Palliano, 189.

Fabienne, 243.

Fabrice del Dongo, 73, 98-99, 101, 126-127, 160, 243.

Gennarino, 243.

Gherardi (Mme), 249-251.

Gita, surnom de Mme Gherardi.

HÉLÈNE (dansL'Abesse de Castro)), 108, 243.

HÉLÈNE dans correspondance), 184.

HENRI V (d'Angleterre), 276

Jarvis (révérend Mr), 143.

Jean Valjean, 190-202.

Julien, 73, 98, 100, 101,243, 244, 245.

Karamazov, 258.

Kubly (Virginie), 165.

Lamiel, 74, 189, 194, 205-206, 269.

Léonor, 242.

Lieven, 242.

Lisimon, 127.

Louaut (sergent), 254-256.

Lucien Leuwen, 52, 98, 137, 176-177, 188, 192, 205, 206.

M. de Rênal, 125, 126.

Madame de Rênal (Louise), 73, 126, 189, 192, 196.

Mathilde de la Mole, 73, 189, 223, 242.

Métilde, voir Demmbowski.

Meursaut, 253.

Mina de Vanghel, 189, 243.

Monsieur Perrichon, 238.

Moreau (Frédéric), 208.

Mosca (comte), 243.

Myriel (Monseigneur), 199.

Octave (de Malivert), 74 75, 116, 217, 219, 221, 242.

Olivier (premier prénom envisagé pour Octave), voir Octave.

Père de Lucien Leuwen, 137, 1#52.

Philémon, 226.

Popeye, 123.

Saint-Preux, 93.

Sanseverina, 189.

Ugone, 108.

Zorro, 199.

Sommaire


Projet d'article pour L'ANNÉE STENDHAL N°3 (fin 99)

par Philippe BERTHIER, professeur à la Sorbonne.

Paul Désalmand, CHER STENDHAL, UN PARI SUR LA GLOIRE, Presses de Valmy, (Diffusion-Distribution Hermé, 7, rue d'Assas 75006 Paris), 1999, 288 p., 120F.

L'auteur, qui a enseigné en Afrique, peut se vanter d'être le stendhalien le plus vendu dans le monde : 200 000 exemplaires de son ouvrage sur l'art de la dissertation ! Celui-ci commence canularesquement par une lettre-préface d'« Octave de Marnitto, Professeur émérite à l'Université de Grenoble » (!) dans laquelle il entreprend fort stendhaliennement de se poffer lui-même. Mais tout ce qu'il fait dire à son pseudo-préfacier s'avère parfaitement exact : composition très éclatée en nombreux chapitres brefs alternant le biographique et l'analyse, désordre savant des perspectives, mélange concerté des tons (le sérieux et l'humoristique s'entrelardent partout), démarche de plus en plus engagée vers l'énoncé du rapport intime entre un lecteur et son écrivain de prédilection. Le résultat est succulent. Reposant sur une impeccable érudition, le livre reste absolument léger, ayant pris le parti (une première !) de mettre toutes les références et le dossier préparatoire sur Internet ! On s'abandonne donc en pleine alacrité à ce vagabondage d'amateur &emdash; au sens le plus aimant et le plus libre du terme &emdash;, à ce portrait de HB par petites touches, ou mieux cubiste à la Braque (un peu braque) ou à la Juan Gris (mais pas du tout gris), à la déclaration d'amour qui non seulement touche et divertit, mais surtout sonne juste, avec toute la saveur d'un long compagnonnage heureux.

Texte publié avec l'aimable autorisation de l'auteur.

 

LA VOIX AUX CHAPITRES

Le Canard enchaîné du mercredi 11 août 1999 page 6.

CHER STENDHAL, UN PARI SUR LA GLOIRE, de Paul Désalmand, Ed. Presses de Valmy, 286 p., 120 F.

Quoi, encore Stendhal ? Oui, toujours Stendhal. Il est quand même un des phénomènes les plus intéressants qui soient apparus à la surface de cette planète. Plus encore qu'une banale éclipse de Soleil…

Voyez le fameux épisode des lunettes vertes. Il vient de tomber amoureux d'une Milanaise, qui lui annonce qu'elle part en villégiature dans la petite ville de Volterra, près de Florence. Dans le seul but de respirer l'air qu'elle respire, d'être proche d'elle sans qu'elle le sache, il décide de s'y rendre aussi, incognito. Et s'affuble de lunettes vertes, pour n'être pas reconnu en cas de rencontre inopinée. Évidemment, ils tombent nez à nez. Elle le reconnaît. Elle est furieuse, il est désespéré. C'est pour ça qu'on l'aime…

Stendhal et sa chasse au bonheur. Sa maladresse, ses lubies, ses ardeurs juvéniles, son amour des tilleuls, des épinards, de Saint-Simon. Sa passion pour la connaissance du cœur humain. Stendhal le très vivant : « Il faut secouer la vie, autrement elle nous ronge. »

L'auteur l'affirme : « Pratiquer Stendhal c'est se ranger, aussi modestement que ce soit, dans le camp de ceux qui ont décidé de bien faire l'homme. C'est s'armer contre la bêtise, la veulerie, la lourdeur, la prétention, l'aigreur de nos contemporains. » Beau programme ! Une suite de courts chapitres, faits l'air de ne pas y toucher, avec mille anecdotes, des citations éclairantes, une belle liberté d'allure, ce petit livre est certes le énième sur Stendhal, mais on dirait le premier ! J.-L. P. (Jean-Luc Porquet).

Texte publié avec l'aimable autorisation de l'auteur.

 

 

LE MESSAGER -article du 14. 10. 1999- - (journal sur Haute-Savoie et proximité ; article sur toutes éditions).

 Rubrique : DITES-MOI TOUT

Photo couverture du livre avec légende : Un livre érudit et d'une grande facilité de lecture.

Photo de l'auteur avec légende : Paul Désalmand dans son pensoir d'Arenthon. Il songe à lancer une collection dédiée aux "chers grands hommes".

Titres

PAUL DÉSALMAND, D'ARENTHON

IL MET SON STENDHAL SUR LE WEB

Chapo

À 62 ans, Paul Désalmand mène une vie consacrée à la connaissance et au savoir. Infatigable écrivant et écrivain, il met en parallèle &emdash; et en relation &emdash; le livre et l'Internet autour d'un ouvrage qu'il vient de consacrer à Stendhal.

Texte

Dans sa maison de Normandie, Flaubert avait son "gueuloir" où ses romans devenaient d'abord verbes et sons avant d'être pages et mots. Dans la maison de famille d'Arenthon, Paul Désalmand dispose, lui, de son "pensoir". C'est là, à l'étage d'un simple mazot, au-dessus de paisibles poules, qu'il vient se ressourcer, méditer, écrire, réfléchir… Et c'est peut-être là, entre une bibliothèque d'honnête homme et une rustique table de travail, qu'il a eu l'idée de son dernier livre intitulé Cher Stendhal, Un pari sur la gloire.

Un ouvrage sorti durant l'été et qui se met peu à peu en place dans les librairies en bénéficiant de l'adoubement du critique littéraire du Canard enchaîné, qui a été enthousiasmé par la fraîcheur du ton, la légèreté de la construction et la personnalité d'un livre qui, bien que venant après des milliers d'autres consacrés à l'écrivain grenoblois, est à considérer "comme si c'était le premier".

"J'ai fait des flashes sur Stendhal", explique Paul Désalmand pour présenter son ouvrage. De fait, son livre est construit autour de chapitres courts consacrés à des points précis de la vie de Stendhal (ses relations avec sa sœur, son père, ses voyages…), des aspects de son œuvre (les petits codes de son journal) ou de sa pensée (sur le mariage ou la vertu). Et de saut de puce en saut de puce, on voyage entre l'homme et l'écrivain, entre la biographie et la vie.

Enfin, après la lecture, tous les "beylistes" et autres "stendhaliens" sont invités à surfer sur le web à l'adresse suivante : http://www.alpes-net.fr/~reysset pour retrouver une nouvelle somme, pour se plonger dans de nombreux prolongements relatifs à l'homme et à l'œuvre. "Les Cassandre se plaisent à dire que l'Internet va tuer le livre, et moi je suis convaincu qu'il le sauvera", plaide-t-il avec vigueur, haussant la voix, ouvrant les bras et déployant soudain une stature d'acteur.

N'en déplaise à ceux qui aiment à jouer les fossoyeurs de la galaxie Gutenberg, l'écrit a sa place sur la toile. Sur le site stendhalien, on pourra trouver les chapitres qui n'ont pas été retenus pour le livre, découvrir les nouveaux qui n'ont pu être publiés… Bref, le livre pourra continuer à vivre, progresser et évoluer au fil des apports des uns et des autres. "À terme, on devrait y trouver trois fois le volume", pronostique-t-il.

Mais avant de faire les délices des internautes lettrés, l'ouvrage de Paul Désalmand aura constitué aussi une étape importante pour son auteur puisqu'il estime "être passé du travail d'écrivant au travail d'écrivain". Un saut qui a permis à Paul Désalmand de mesurer l'épaisseur des cloisonnements dans le monde de l'édition.

Cet homme de 62 ans est en effet un pur produit de l'école publique. Détecté dès le primaire pour ses bonnes dispositions, son instituteur le pousse pour qu'il entre à l'École normale de Bonneville. Ensuite, il intègre l'École normale supérieure de l'enseignement technique (ENSET), à Cachan. Puis il saisit l'occasion de servir à l'étranger et, entre 1965-1984, se retrouve en Côte d'Ivoire.

Sans plan

À cette époque l'ascenseur social s'appelle Éducation nationale. Il enseigne dans des lycées puis à l'École normale supérieure d'Abidjan où il contribue à la formation des cadres du système éducatif. Il écrit alors, seul ou avec un coauteur, des ouvrages à destination des élèves. Son best-seller est le célèbre Du plan à la dissertation, paru dans la collection Profil chez Hatier et tiré déjà à 200 000 exemplaires. Mais de dictionnaire de la mythologie en dictionnaire des citations expliquées, il ne se voyait plus dans la peau "d'un bon vulgarisateur, d'un épicier de la culture qui s'habitue à la débiter en tranches".

Alors surgit Stendhal avec qui il applique la fameuse maxime de Sainte-Beuve : "Il faut tremper sa plume dans l'encrier de celui dont on parle." Il se lance dans l'ouvrage "sans plan" &emdash; un comble ! &emdash; et disserte, analyse, écrit, rature, recommence, réécrit, peaufine, se livre à un travail d'écrivain pour présenter un "Stendhal joyeux dans un essai mêlé de fiction qui le rende vivant et actuel". Bref, une approche de Stendhal qui tourne un peu le dos à la sécheresse prude du Lagarde et Michard sur lequel ont planché des générations d'élèves.

Et maintenant que Stendhal est aux rayons des libraires et sur le Net, Paul Désalmand songe à une collection. Un Cher Céline, un Cher Balzac ou un Cher Léautaud sont-ils à venir ?

Philippe VILLARD

"Cher Stendhal, Un pari sur la gloire" par Paul Désalmand. Éditions Presses de Valmy, 120 F., diffusion Hermé.

 

Paul DÉSALMAND, CHER STENDHAL, Un pari sur la gloire, Presses de Valmy, 1999, 288 p., 120 F.

Avec légèreté, sans se prendre au sérieux, comme nonchalamment, Paul Désalmand, que l'on connaissait pour ses ouvrages de culture générale, est en train d'inventer une nouvelle manière de rencontrer les grands auteurs du patrimoine ; on avait connu la biographie romancée (André Maurois s'en était fait une spécialité), puis la biographie érudite (domaine réservé aux Anglo-Saxons) ; voici apparaître, pour notre plaisir, la biographie éclatée, subjective et cybernétique.

Le titre du livre, Cher Stendhal, annonce le projet : plutôt que de répéter, de paraphraser ou de contester les sommes universitaires consacrées à l'auteur de la Chartreuse, le nouveau biographe choisit avec autant d'arbitraire que de pertinence, de nous présenter son Stendhal à travers un album d'images sélectionnées pour leur force révélatrice. L'ouvrage est donc constitué d'une soixantaine de courts chapitres totalement indépendants de la chronologie ou de toute règle structurelle et qui, comme dans une mosaïque, parviennent à constituer un portait d'une extrême fidélité. Quelques titres de chapitre donneront un aperçu du panorama : « Mourir dans la rue », « Mon père, ce scélérat », « Stendhal écologiste ? », « Heureusement qu'il y a Mozart », « Babilan ? », « Les lunettes vertes », « Les happy few », etc. Les connaisseurs auront reconnu les entrées indispensables à tout dictionnaire du beylisme. Le contenu des articles ne déçoit pas : il est précis, documenté, juste, mais en même temps plein de sympathie et d'humour. En émerge l'image d'un Stendhal vrai, authentique et comme proche, amical.

On peut reprocher à Paul Désalmand de s'attarder un peu trop sur des questions jugées littérairement secondaires comme la vérole, les pseudonymes, l'argent, l'impuissance, la pornographie. Mais comme il s'en explique lui-même : « Rien n'est indifférent dans l'étude d'un grand homme », et ces questions permettent de compléter un portrait où figurent les sujets plus attendus.

On peut également regretter que les nombreuses citations (particulièrement bien choisies) soient systématiquement privées de références : mais c'est une loi que s'est fixée l'auteur qui nous invite à retrouver l'appareil critique qui fait défaut à l'adresse électronique citée en dernière page. La cyberbiographie devient interactive.

Au total ce livre parvient à nous rapprocher de Stendhal, en soulignant sa singularité, ses faiblesses et ses grandeurs, ses contradictions surtout : « Ma vie est un tissu de contrastes apparents avec mes principes » dit une phrase apocryphe. Le fragment, dont beaucoup d'autobiographes, de Montaigne à Barthes, ont su exploiter les ressources, autorise ce vagabondage subtil. On se dit que Stendhal, homme de l'inachèvement et de l'emprunt, esprit brillant et brouillon, eût aimé ce livre peu académique mais plein de verve. Le compliment n'est pas mince.

Yves Stalloni, L'École des lettres (à paraître).

 

 

CHER STENDHAL, Un pari sur la gloire.

Biographie par Paul Désalmand ; aux Presses de Valmy (Charenton-le-Pont). Ce sont près de 300 pages exquises sur la vie de l'un des plus grands classiques français. L'ouvrage s'ouvre sur un incipit qui ne peut que pousser à aller plus loin pour, au-delà du Rouge et le Noir ou La Chartreuse de Parme, mieux comprendre la vie de l'auteur de ces chefs-d'œuvre éternels : « Le 22 mars 1842, à sept heures du soir, tout près du 24 de l'actuelle rue des Capucines, un gros homme vêtu avec netteté s'écroule sur le trottoir. […] L'examen de ses papiers permet de savoir qu'il s'agit d'un certain Beyle Henri-Marie, né à Grenoble le 23 janvier 1783. »

Voilà ce qu'on peut lire dès le premier paragraphe. Et, sans même avoir tourné la page, on apprend que La Chartreuse de Parme avait été rédigée à quelques centaines de mètres de l'endroit où il venait de s'effondrer.

Cher Stendhal est écrit comme un thriller biographique ; chapitres courts, précis. Presque un dictionnaire, il peut être consulté, ouvert au hasard. Ainsi, dans le chapitre intitulé « L'art du roman », on apprend qu'en 1833, une amie de Stendhal lui soumet, pour commentaire, le manuscrit d'un roman. La réponse du maître vaut le détour, même encore aujourd'hui, pour ceux qui apprennent à écrire.

Écrire aujourd'hui, n° 55, septembre 99.

 

LES HUMEURS

Marc Pessin- peintre, graveur, LE DAUPHINÉ -septembre 99

Il faut bouger peu, mais bouger bien. Je me suis donc limité cet été à quatre escapades : le Musée des tumulus à Bougon (près de Niort), l'extraordinaire témoignage sur les constructions mégalithiques de 5000 ans avant J.-C. ; le site de Glozel (près de Vichy) ou l'inénarrable Émile Fradin, l'invernteur de ce site, présente, inchangées depuis 1929, mais toujours mystérieuses et troublantes, ses vitrines d'objets paléolithiques et néolithiques ; le Musée archéologique de Saint-Romain-en-Gall (Vienne), exceptionnelle réalisation sur l'art et la technique des Romains.

Ma quatrième excursion m'a conduit en Stendhalie, voyage immobile puisqu'il a consisté à lire d'une traite le « Cher Stendhal, un pari sur la gloire » de Paul Désalmand. Quel dépouissiérage ! Un kaléidoscope, pétillant d'humour, parfois à la limite du canular, mais s'appuyant sur une parfaite connaissance de l'auteur.

Et d'où se dégage un Stendhal rajeuni, proche de nous, dont le grand problème est le nôtre : comment être heureux et digne dans un monde sans Dieu (oou dieux).

Livre provocateur et sans pitié pour ceux qui ne laisseront derrière eux que des pots de chambre. À l'heure des non-livres, de la mise en vedette des clowns de l'édition, quelle joie de lire ces pages denses, de rencontrer un homme (deux en fait car on ne sait plus très bien en bout de lecture si c'est d'un livre sur Stendhal ou sur Paul Désalmand qu'il s'agit).

Cela console de nos hommes politiques (hormis…), de notre télévision débile (hormis rien du tout) et d'un paysage éditorial où les éditeurs qui lisent (sauf de rares exceptions) sont impitoyablement remplacés par des éditeurs qui comptent.

Marc Pessin expose au Musée départemental de Saint-Antoine-l'Abbaye jusqu'ua 31 octobre.

 

 

PARIS-MONTMARTRE numéro 13-36/37- 3e-4e trimestre 1999 page 22.

Rubrique DES LIEUX ET DES HOMMES

Titre: PAUL DÉSALMAND

Chapo: «Il faut tremper sa plume dans l'encre de celui dont on parle» disait Sainte-Beuve. Paul Désalmand a fait sienne cette maxime pour son nouvel ouvrage «Cher Stendhal».

Article:

Parvenu au milieu de la rue Caulaincourt, pépinière d'écrivains qui abrite, entre autres, Suzanne Denglos-Fau, Claude Klotz et Louis Nucera, j'accède à un 7ème étage nuageux, en vertige au-dessus d'une parcelle cachée de l'ancien maquis, d'où le regard embrasse l'étendue de la Plaine Saint-Denis: c'est l'antre de Paul Désalmand, auteur du remarquable «Cher Stendhal», déjà salué par le Canard enchaîné. Le meilleur livre pour approcher au plus près l'auteur de La Chartreuse de Parme et donner accès à son œuvre, comme un professeur australien l'a justement écrit à Paul Désalmand.

Mais attention: M. Désalmand, doté comme il se doit de l'esprit montmartrois, n'a rien du professeur trop didactique, même s'il a longtemps enseigné. C'est un humoriste raffiné, au style clair et vivant, un brin provocateur et malicieux de dérision (gentille) envers ses collègues universitaires: un libertaire de la littérature qui nous offre un ouvrage surprenant, bien éloigné des biographies traditionnelles. Et parce que, comme il le souligne «ceux qui écrivent bien sûr Stendhal sont ceux qui ont une communauté d'âme avec lui», vous ne tarderez pas, après sa lecture, à vous écrier à votre tour: «Cher Stendhal»!

DANS QUEL ESPRIT AVEZ-VOUS ÉCRIT «CHER STENDHAL»?

Je ne voulais pas faire un ouvrage universitaire après tant d'autres, mais disons plutôt un ouvrage «grand public cultivé», un livre de synthèse par lequel je souhaitais faire aimer Stendhal, comme avant moi, Jacques Laurent et Jean Dutourd.

COMMENT S'EST FAITE VOTRE RENCONTRE AVEC CET ÉCRIVAIN

Je le «pratique» depuis l'adolescence, mais c'est vraiment en faisant ce livre &emdash; dont je ne savais pas vraiment à quoi il allait ressembler avant de le commencer &emdash; que j'ai découvert l'importance de l'influence que Stendhal avait exercée sur moi. Il m'a façonné beaucoup plus que je ne le pensais. On y trouve donc le côté canular de Stendhal, et aussi cette confiance accordée au lecteur par l'usage de l'ellipse. Le plan n'en est pas décousu, mais plutôt éclaté, très construit sous un apparent désordre qui mène le lecteur où je le désire. Il est de plus étonnant de voir combien «Cher Stendhal» interroge les gens sur leur propre vie.

EST-CE LE PARTI BIOGRAPHIQUE?

Ce livre concerne en fait le choix existentiel de Stendhal, et en premier lieu son refus de la médiocrité. Certains lecteurs se trouvent atteints au plus vif d'eux-mêmes. Cela pose, parmi d'autres, le problème de Dieu, du sens de la vie, du comportement en société.

UN ENJEU MÉTAPHYSIQUE?

La grande question stendhalienne est: «Comment être heureux et digne dans un monde sans Dieu?» Le plus grand drame de sa vie, c'est la mort de sa mère; il a 8 ans et le monde s'effondre, il se fâche avec Dieu. C'est l'un des premiers athées de notre littérature, mais bien que son athéisme soit inflexible, il n'est pas militant. Sa position annonce les contemporains, Malraux, Camus, Sartre… Je précise que ce n'est pas «Comment être heureux» tout court &emdash; car, dans ce cas, l'exigence morale n'apparaît pas &emdash; mais «Être heureux et digne». Cette question essentielle du Comment vivre et Comment vieillir se pose à toutes les époques de la vie humaine.

LAURENT ET DUTOURD SONT D'ABORD DES ÉCRIVAINS PARLANT D'UN AUTRE ÉCRIVAIN, COMME VOUS…

Pour moi, c'est mon quarantième ouvrage, mais mon premier livre. Jusqu'à présent, j'étais un «écrivant»; j'ai voulu rompre avec mes écrits alimentaires para-scolaires, mes travaux de pédagogie, pour un vrai travail d'écriture. Universitaire en activité, je n'aurais pas pu faire ce livre, en tout cas pas avec une telle liberté.

VOUS VOULEZ POUVOIR PARLER DE TOUT?

Oui. Les auteurs sont trop souvent scolarisés, caricaturés, momifiés. Je voulais enraciner Stendhal dans la vie et montrer comment les écrivains souffrent at aiment.

Alors comment «Être heureux et digne»?

Il y a l'idéal de vie, et les contradictions dont il est difficile de sortir. Stendhal refuse ce que Camus a appelé les «métaphysiques de consolation»; «À quarante ans, les uns se font aigres, les autres fades; d'autres tournent au porc; moi je me fais loup, je dis non, je rôde, et je me maintiens, inattaquable, dans les grands bois enneigés.» Cette superbe phrase de Sainte-Beuve s'applique encore mieux à Stendhal. Il ne veut pas donner de leçon. Il a ce souci d'authenticité qui en fait non un moralisateur mais un moraliste.

QU'EST-CE QUE STENDHAL DIRAIT AUX APPRENTIS ÉCRIVAINS?

Travailler et ne jamais se décourager. Il est d'emblée convaincu qu'on façonne son esprit en permanence. Il faut être un lecteur forcené, et avoir, pour qualité la plus importante, le courage; ne jamais se laisser écarter de sa voie. C'est une «galère» extraordinaire, qui nécessite un engagement complet.

AUJOURD'HUI, VOUS AVEZ L'AIR HEUREUX?

Je suis très bien, là dans mon pigeonnier! Je ne crains personne, je peux tout dire. J'ai une retraite, quelques droits d'auteur, quelques dettes aussi, mais il faut bien ressembler à Balzac. Mon prochain livre, sur les arcanes du monde de l'édition, va être sanglant!

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Encadré

La librairie «Marie Vaut d'Âge» a organisé une signature du livre de Paul Désalmand CHER STENDHAL, UN PARI SUR LA GLOIRE (Presses de valmy) le jeudi 28 octobre dernier au restaurant Le Djoua de Montmartre. Consacrée aux ouvrages de collection, cette librairie mérite un coup de chapeau pour son dynamisme culturel et sa volonté de s'intégrer dans la vie montmartroise.

Marie Vaut d'Âge (Livres, Achet, Vente), 50, rue Caulaincourt 75015 Paris Tel. 01 42 55 09 97

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Article de Jean Serroy. Le Dauphiné Libéré 30 octobre 2000

 

" CHER STENDHAL " : LE LIVRE DE PAUL DÉSALMAND RÉPOND À SON TITRE…

Sous son apparence éclatée, il offre, de la part d'un vrai amateur de Stendhal, le plus pétillant fragment d'un discours amoureux…

 

Stendhal un portrait cubiste

 

La préface qui ouvre le livre de Paul Désalmand " Cher Stendhal " est signée d'un improbable Octave de Marnitto, professeur émérite à l'université de Grenoble ! Le goût des pseudonymes et des canulars était, on le sait, une des spécialités d'Henri Beyle. Il ne saurait donc y avoir de meilleurs auspices sous lesquels placer ce qui constitue un livre à nul autre pareil.

L'ouvrage de Paul Désalmand apparaît, en effet, comme une sorte d'Ovni dans le ciel de la critique littéraire. On est loin ici tout autant des pesantes thèses que des essais ou biographies traditionnels. Stendhal y est abordé par fragments, en apparence désordonnés, mais qui pourtant, l'un après l'autre, s'emboîtent comme les pièces d'un puzzle pour reconstituer une sorte de portrait cubiste, où toutes les facettes de l'homme, de l'écrivain, de l'œuvre se font jour.

Fondé sur une lecture exhaustive et sur une érudition incollable, le livre offre de ce fait comme une ballade en Stendhalie qui prend la forme buissonnière, qui commence par la fin (" Mourir dans la rue " est le premier fragment qui raconte l'apoplexie qui emporta Stendhal le 22 mars 1842, sur un trottoir, près de l'actuelle rue des Capucines) et qui vagabonde du poète au pornographe, de Popeye à Saint-Simon, du bonheur à l'écologie, du féministe au chevalier de la manchette, de Nietzsche à Chamfort, d'hier à aujourd'hui et à demain.

Dans ce portrait éclaté, Stendhal retrouve des couleurs et le va-et-vient que la lecture impose d'un sujet à un autre établit des rapprochements, suggère des résonances, permet de saisir les paradoxes, les contradictions, les complexités d'une personne qui n'en est pas avare.

C'est donc bien un Stendhal tout neuf qui surgit de cet ouvrage atypique, publié l'an dernier par une petite maison d'édition, mais qui s'est frayé son petit bonhomme de chemin, ce qui amène la publication aujourd'hui d'une seconde édition, revue et enrichie.

Pour rester dans le ton dauphinois, l'auteur en a confié la maquette à un artiste d'ici, Marc Pessin, et la couverture reproduit le beau lac en Écosse de Gustave Doré, qui figure dans les collections du Musée de Grenoble. Et, autre particularité, le livre se clôt sur l'adresse d'un site internet : www.armance.com. Sans attendre que naisse un site officiel, Paul Désalmand a eu l'idée de prolonger son livre par un site que lui-même a élaboré, et où l'on trouve tout ce qu'il faut savoir sur Stendhal, sur sa bibliographie, et sur les matériaux qui ont permis l'élaboration du " Cher Stendhal ".

Façon originale d'élargir le cercle des " happy few " à l'heure de la communication planétaire. Stendhal, on le sait, écrivait pour l'avenir.

Jean Serroy

Paul Désalmand, " Cher Stendhal ", Presses de Valmy (288 p., 120 F).

 

 

LE MONDE 20 avril 2001

 

CHER STENDHAL, Un pari sur la gloire de Paul Désalmand

 

Stendhal a rendu jaloux autant qu'admiratifs des auteurs aussi différents que Nietzsche, Sartre et Gracq. Celui-ci écrivait : " Je reviens à la

réflexion de Céline, qui m'a tellement frappé autrefois […] "Quand on n'a plus assez de musique en soi pour faire danser la vie… Quand on n'a plus,

pour une raison ou pour une autre, suffisamment en soi de cette musique, c'est là, et là seulement, que Stendhal est irremplaçable, car pour quelques

heures il vous la restitue… " L'auteur, avec beaucoup d'allégresse et de fraternité, s'adresse à son cher Stendhal en une série de textes brefs qui

tracent de lui un portrait littéraire et humain très vivant. " M. Ct

 

Sommaire


REMERCIEMENTS

Dans le SUPPLÉMENT AUX RÉFÉRENCES, j'évoque ce que dit Nietzsche sur l'importance des amis dans la création intellectuelle. Cela est très vrai et il est seulement impossible d'évaluer exactement ce qu'on leur doit. Essayons tout de même.

On peut distinguer,

----- ceux qui, à partir d'un certain niveau d'élaboration du projet, y croient et nous insufflent leur confiance;

----- ceux qui font des remarques d'ensemble, prises ou non en compte (en général pas tout de suite);

----- ceux qui font des remarques formelles (coquilles, fautes, lourdeurs, inconséquences);

----- ceux qui, le livre paru, aident à le faire connaître.

Le premier à y avoir cru est Michel Pougeoise. Sa confiance ne s'est jamais assoupie. Ses fax, dont on retrouvera peut-être des éléments sur le site ultérieurement, ont soutenu mon courage. Par ailleurs, ses remarques m'ont conduit à écarter ce qui était trop didactique (où le producteur d'ouvrages scolaires que j'ai été resurgissait). Outre quelques modifications du texte, j'ai supprimé certains chapitres que l'on peut retrouver sur ce site. Premier à y avoir cru, qu'il soit le premier à être remercié. À noter, qu'en ce qui le concerne, j'ai réussi dans mon entreprise, puisque je lui ai donné l'envie de faire un livre du même type sur Balzac ou Molière. Il est le bienvenu dans la collection CHER GRAND HOMME si elle prend forme.

D'autres ont lu et approuvé (parfois avec nuances) et m'ont transmis leurs suggestions. Même s'il m'a fallu souvent résister à ceux qui voulaient me faire faire un autre livre, leur aide a été importante.

À ce propos, il faut noter le rôle de l'évolution technique. Grâce au traitement de texte, à la photocopieuse, à la reliure thermocollée, il est possible d'obtenir un pré-livre et un pré-lectorat. Il doit y avoir une quinzaine de personnes qui ont pu lire mon travail avant sa mise au point définitive, ce qui aurait été difficile au temps du papier pelure.

Cette pratique consistant à soumettre le pré-livre à différentes personnes permet de patienter, car, je le redirai ailleurs (après Gide), le principal défaut en matière d'écriture est la précipitation. Cette pratique de la pré-lecture est aussi cruelle pour quelques-unes des personnes sollicitées car on ne peut s'empêcher d'établir une hiérarchie dans les réactions. Les rares lecteurs qui ne figurent pas dans la liste ci-dessous en tireront les conclusions qui s'imposent.

Parmi les ouvriers de la première heure qui ont pu émettre des critiques, mais ont approuvé le projet, dans un ordre aléatoire: Christian Romain, Philippe Forest, Marie-Paule Berranger, Philippe Berthier, Geneviève Verdelhan-Cayre, Jean-Pierre Guéno, Jacqueline Tort, René Bourgeois, Jean Guenot, Béatrice Lucien, Marc Pessin, Luc Désalmand, Catherine Riehl, Bruno Hongre. Qu'ils soient tous remerciés de m'avoir encouragé dans ma folie.

À ceux qui y ont cru, il faut ajouter Daniel Bontemps, mon éditeur, qui, après l'avoir lu, et l'avoir fait lire à sa fille, son assistante, a décidé de l'éditer à compte d'éditeur.

Deux personnes ont plus directement mis la main à la pâte: Céline Bédéneau pour la documentation et Yves Feugeas pour la finition. Je leur dois beaucoup.

Avec Céline Bédéneau (appelée Mireille page 200), nous avons fait de véritables opérations de commando sur la documentation du fonds Stendhal conservé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Nous en revenions chaque fois avec une riche provision exploitable ensuite tout à loisir.

Cela n'aurait pas été possible sans Jean Ducruet, Secrétaire général de l'Association des amis de Stendhal qui m'a mis sur la piste et sans Madame Boulouq, aimable et vigilante gardienne du trésor. V. Del Littto m'a répondu avec précision sur des questions pointues.

Yves Feugeas a joué un rôle important, fondamental même dans le travail de finition. Sans aller jusqu'à dire qu'il a été le Sancho Pança d'un couple dont j'étais le Don Quichotte, il a tempéré mon impulsivité en me ramenant à la simple vérification au ras des pâquerettes. Que de fois, j'ai eu envie de lui taper dessus à cet «infernal réviseur du compuscrit» («compuscrit» comme on le sait désigne le manuscrit électronique). Mais il a le sens de la langue (j'écris un peu vite), a l'œil et se veut toujours parfaitement rigoureux sur le plan scientifique.

Ainsi, il m'a décidé à revérifier toutes les citations, ce qui nous a demandé des journées de travail, mais, grâce à lui, le livre est d'une rigueur rare. La deuxième édition sera parfaite.

Un grand merci aussi à Jean-Yves Reysset qui grâce à son site me permet de réaliser une première: association d'un livre papier simple et de lecture aisée avec un appareil critique important (à terme plus important en volume que le livre lui-même). Entre nous, j'axe toute la promotion sur cet aspect.

Le livre terminé, on se trouve en proie au «baby blues», au «syndrome post partum», à cette petite dépression que connaissent certaines femmes après un accouchement. À ce stade, les amis continuent de jouer leur rôle, quand ils nous envoient une belle lettre comme celle que je viens de recevoir de Raymond Jacquenod. Michel Pougeoise, là encore a le pompon. Il m'envoie un beau fax dans lequel il me dit que ce «parfum de gloire» dont mon titre parle à propos de Stendhal, il a la certitude que c'est aussi un «parfum de gloire» pour Paul Désalmand. Dans son enthousiasme il avait lu «parfum» au lieu de «pari». Merci l'ami. Et avec «pari», ça fonctionne encore.

Merci aussi à ceux qui m'aident à faire connaître le livre. Marc Pessin travaille à une jaquette pour le rendre plus attrayant, et alerte les libraires du Dauphiné, Catherine Riehl, «les Tarnaud» et d'autres préviennent leurs libraires, Philippe Berthier a écrit un article vif et qui va à l'essentiel.

Si vous voulez jauger (je ne dis pas juger) vos amis, publiez un livre.

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Un art de vivre

Si l'on avait demandé à Stendhal d'exprimer en peu de mots les grandes lignes de son art de vivre, cela aurait donné, à peu près, ceci:

Il n'y a rien d'autre que cette vie terrestre. Ceux qui disent le contraire sont des charlatans qui en veulent à ma liberté, à ma vie ou à mon portefeuille.

Dans la limite de cette existence terrestre, le mieux que puisse faire un être humain est de se consacrer tout entier à la chasse au bonheur.

De nombreux préceptes moraux viennent contrarier cette recherche du bonheur. Or, toute la morale se réduit à ce principe unique formulé par Chamfort: Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne.

Il semble bien que l'on ne puisse pas échapper à un donné, fruit de notre hérédité et de notre éducation. Le mieux est de s'en accommoder. Ainsi, il ne dépend pas de nous d'avoir une grande âme ou une âme étriquée.

Si nous avons la chance, ou la malchance, d'avoir une grande âme, il faudra prudemment le cacher. Les médiocres n'admettent pas la grandeur, même quand elle n'est que d'aspiration. Le propre de la médiocrité est, en effet, de donner de l'importance aux petites choses et de ne pas en accorder aux grandes.

En dépit de cette importance du donné, la volonté joue un grand rôle. Ne rien négliger de ce qui peut nous faire grand. Extirper de son cœur la vanité, la haine et la peur. Aller son train et laisser dire les sots.

Le seul but de la politique doit être d'apporter la plus grande quantité de bonheur à la plus grande quantité d'individus. Une parfaite égalité entre les femmes et les hommes enrichirait les rapports entre les êtres. Elle augmenterait aussi les forces de l'humanité et donc ses capacités de bonheur.

L'amour de la patrie, quand il participe de cet objectif d'un plus grand bonheur pour tous, est louable. Mais le nationalisme, qui donne la préférence à des individus, pour l'unique raison qu'ils sont nés sur le même espace géographique que moi, est une sottise. La seule nation digne de ce nom est celle réunissant toutes les personnes qui ont les mêmes affinités et les mêmes aspirations. Elle se moque évidemment des frontières. Tout ce qui ressemble à l'esprit de clocher est condamnable.

L'argent doit être un valet et non un maître. Il ne faut penser qu'à lui jusqu'à ce que soit obtenue une confortable aisance, mais ne plus y penser ensuite.

Les trois grandes sources de bonheur sont le travail de l'esprit, les arts et l'amour.

Le travail intellectuel ou artistique est d'abord un remède à l'ennui. De plus, le bonheur qu'il nous procure a le mérite de ne pas dépendre de la volonté d'une autre personne. Appliqué à la connaissance du cœur humain, dans la mesure où il nous permet de mieux prévoir les réactions de nos semblables, il nous aide à nous prémunir contre eux. Il faut jouer et mépriser la comédie sociale.

Celui qui a occupé sa jeunesse et son âge mûr par des actions basses ou futiles se prépare une vieillesse difficile. Seule l'activité intellectuelle ou artistique, dans le prolongement de la période qui a précédé, permet d'en faire une période heureuse.

Les joies que peuvent nous apporter les arts sont immenses. Il est inutile de s'encombrer de théories. Une œuvre d'art doit être jugée en fonction du bonheur qu'elle procure.

Enfin, ou peut-être d'abord, l'amour nous apporte d'intenses moments de bonheur. Ce sont ces moments qui font que la vie mérite d'être vécue. La principale fonction de l'art est de réactiver ces moments exceptionnels. Ce faisant, les arts peuvent être à la source d'un bonheur plus grand que ces moments eux-mêmes.

Une seule règle dans le domaine du sentiment: faire le bonheur de ce qu'on aime.

Même si nous accordons beaucoup aux passions, l'explication du monde et notre conduite doivent reposer sur la raison. Il importe de former son jugement de manière à être autonome. Tous ceux qui se proposent de penser et de décider à notre place doivent être écartés. Chacun doit inventer sa vie.


 

Le pillard

On peut aimer Stendhal sans le béatifier. Il faut reconnaître, par exemple, qu'il est entré dans le monde des lettres en pillant ses contemporains. Le fait qu'il ajoute des réflexions personnelles ou des observations de son cru, n'empêche pas qu'il soit un plagiaire éhonté dans ses premiers ouvrages et même dans des livres postérieurs à la parution du Rouge et le Noir.

Pour ne rien arranger, comme cela se produit souvent &emdash; avec Marx en particulier &emdash;, il se montre d'autant plus agressif avec un auteur qu'il lui doit beaucoup. Cela vaut même pour son ami Mérimée qui a pourtant mis à son service sa science en matière d'architecture. Autre circonstance aggravante, s'il lui arrive de citer l'auteur mis outrancièrement à contribution, c'est seulement quand il peut le prendre en défaut sur quelque point de détail. Tout cela ne relève pas spécialement d'une grande âme et se ramène à ce que nous appelons le syndrome de Jean Valjean si fréquent parmi les gens de plume.

L'auteur le plus pillé dans La Vie de Haydn protestera et provoquera un scandale. Il saura même, sous les masques, découvrir le plagiaire qu'il désigne comme un «fils de l'Isère écumante» (Pour mon lecteur de Patagonie, l'Isère est la rivière qui traverse Grenoble). Les Mémoires d'un touriste, ainsi que les autres voyages en France (Voyages en France, Voyages dans le Midi de la France) renouent avec le procédé. Quand Stendhal nous décrit un bâtiment, un monument, un tableau ou même une scène de mœurs, nous ne sommes jamais sûrs qu'il les a vus. Il lui arrive, grâce à ce qu'il copie, de s'appesantir sur une région qu'il a seulement traversée en diligence ou même qu'il n'a pas vue du tout. Il peut même parler d'une ville où il n'est jamais allé et insister sur son évolution d'une année sur l'autre.

Notons que cette pratique demeure. Il y a quelques années un journaliste américain a obtenu le prix Pullitzer avec un reportage sur le Vietnam alors qu'il n'avait pas quitté sa chambre et seulement composé un habile patchwork avec ce qu'il avait lu de Malraux et d'autres baroudeurs.

Certaines idées donnant lieu à développements savants dans les voyages en France font aussi partie des biens un peu trop facilement acquis. Pour ce qui est des races ou du gothique, par exemple, elles proviennent directement de la documentation fournie par des amis.

Les hagiographes font valoir que Henri Beyle ne signe pas ses ouvrages. On ne peut donc pas l'accuser de se parer des plumes du paon. En outre, il ajoute un côté canularesque en se présentant comme un marchand de fer sillonnant la France pour son commerce. Enfin, il ne s'agit que des productions alimentaires d'un auteur toujours à cours d'argent et qui leur accorde peu d'importance. Surtout, il ajoute une part personnelle qui permet de la classer parmi les pillards de génie.

Ce dernier point est contestable en tout cas pour les voyages en France. Le rapprochement avec les Essais de Montagne est abusif. Montaigne disait justement que c'était un signe de mauvaise digestion que de régurgiter la nourriture telle qu'on l'avait avalée. Or, c'est bien ce qui se passe très souvent dans ces récits. Sur les presque mille pages de l'édition de la Pléiade, le nombre des pages vraiment personnelles n'est pas très élevé. Si on fait le total de ce qui reste vraiment intéressant aujourd'hui, on atteint vingt pages, peut-être trente. Cela n'aurait pas valu une publication dans cette collection prestigieuse si ces livres n'avaient pas été épaulés par les grandes œuvres qui ont précédé ou suivi.

Comme Camus écrivant sur la Kabylie ou Hemigway fournissant des articles au Kansas City Star, Stendhal découvre le monde et exerce sa plume. Les voyages permettent de connaître le cœur humain d'observer ce qui ne change pas au travers de ce qui change (les passions au travers des mœurs), de faire provision de mots, de faits, d'idées pour les vraies œuvres. De temps à autre, l'événement suggère une formule dont celle-ci qui convient à l'auteur: «Quel est l'homme de mérite qui n'avoue pas en rougissant qu'il a eu besoin de charlatanisme pour percer?»

Le choix délibéré du décousu semble bien provenir de la méthode à sauts et à gambades de Montaigne, apparemment désinvolte avec le lecteur, mais avant tout soucieuse de ménager l'intérêt. De temps à autre, au milieu de développements de seconde main, on se trouve récompensé par une analyse ou un récit dont, sans avoir besoin de vérifier dans les notes, on perçoit qu'il s'agit cette fois de Stendhal pur jus. C'est le cas, par exemple, de cette comparaison entre le gamin de Paris et le gamin de Lyon, même si le point de départ a été fourni par un auteur anglais: «Ce n'est pas que le caractère du gamin de Paris me plaise: cet être, quoique si jeune a déjà perdu la gentillesse, et surtout la naïveté de l'enfant; il calcule jusqu'à quel point il peut profiter du privilège de la jeunesse pour se permettre des impertinences. C'est déjà le Parisien de vingt-cinq ans. […] Ce n'est point ma vanité froissée qui abhorre le gamin de Paris, c'est l'amour que j'ai pour les grâces de l'enfance qui souffre en la voyant dégradée. […] À Lyon on voit encore le gamin; à Marseille nous sommes en plein naturel, l'enfant y est déjà grossier et bien comme son père, et de plus il a toutes les grâces de l'enfance. Le Dauphiné en entier est le pays du naturel de l'enfant.» Le Dauphiné, à l'exception de la famille Beyle, ce que le Touriste ne peut pas dire.

La comparaison des mœurs propres à différentes régions suscite sans cesse des réflexions sur le bonheur. Les mœurs ne sont en effet rien d'autre que des complexes d'habitudes pour aller à la chasse au bonheur. Après avoir visité Chambéry «inondé de prêtres» puis Genève, la patrie de Calvin, Stendhal se met devant un dilemme: «Certainement Genève a plus fait cent fois pour la morale et la liberté que Chambéry, qui est restée sujette fidèle des jésuites et de ses ducs de Savoie. Mais une question m'étonne et m'intéresse profondément; aujourd'hui où est-on plus heureux, à Genève ou à Chambéry? Où voudriez-vous être né?»

Pour expliciter les termes du problème, il faut savoir que Genève, grâce à Calvin, a œuvré pour la morale et la liberté grâce à l'importance accordée à l'examen personnel. Or, avec raison, Stendhal voit là le «grand problème qui va décider de la civilisation du XXe siècle.» À l'opposé, Chambéry est un bastion de la religion romaine, laquelle est l'ennemie farouche de l'esprit critique. Cette Église catholique se fonde sur le principe exactement opposé, la formule de Tertullien que Stendhal, comme c'est souvent le cas, attribue à saint Augustin: Credo qiua absurdum (traduit par Stendhal: «Je crois précisément parce que c'est absurde»). L'issue de l'alternative entre Genève patrie du libre examen et Chambéry bastion du conservatisme ne devrait pas faire de doute. Et pourtant, après avoir évoqué «les mines réjouies de ces bons savoyards», qui s'opposent évidemment aux mines renfrognées des Genevois, Stendhal conclut: «Quant à moi, après y avoir pensé longtemps, tout étonné de la conclusion qui se présentait constamment, je le déclare, je voudrais être né à Chambéry. Voici mes raisons: on y a moins d'esprit sans doute; mais on y a meilleur cœur, on y hait moins.»

Enfin sans que ces récits de voyages puissent, pour les notations, être portés au niveau des Choses vues de Hugo, de temps à autre, apparaît une scène bien décrite qui pourrait figurer dans un roman de l'auteur. Par exemple, celle-ci dont le héros, comme Julien ou Fabrice, est jeune, généreux, énergique:

«Avignon, le 15 juin 1837. &emdash; Ce matin je me promenais sur la route d'Orange avec le jeune comte de Ber*** qui a dix-neuf ans à peine. Une jeune fille est venue à passer cheminant sur son âne: un gamin de douze ans a pris l'âne par la queue et a sauté en croupe; la jeune fille ne s'est pas fâchée. Une grosse charrette occupait le milieu de la route. Le charretier, énorme Provençal grossier, a menacé l'enfant et, comme l'âne cheminait toujours au petit trot, emportant gaiement son double fardeau, le charretier a lancé un coup de fouet à l'enfant qui a jeté un cri.

Le comte de Ber*** a tressailli. "Quelle inhumanité! a-t-il dit.

&emdash; Je viens t'en donner autant gringalet" s'est écrié le charretier, en jurant et en avançant sur nous.

Le jeune comte, rapide comme un trait, a sauté sur l'énorme Provençal, l'a pris à la gorge et tellement serré, que le charretier a pâli et le sang lui a couvert les lèvres. Quand il a été à vingt pas, le comte lui jeté son fouet dont il s'était emparé. Toute ma vie j'aimerai ce jeune comte, qui, quoique fort riche, n'est point niais.»

Outre leur côté alimentaire, il faut donc voir dans ces œuvres des travaux de préparation pour des livres jugés plus sérieux. Par ailleurs, la partie documentaire, pour l'essentiel empruntée, est un prétexte, un rideau de fumée, pour permettre au moraliste ou au politique de dire ce qui lui tient à cœur. Noyés dans un fatras descriptif, dont l'objectif essentiel semble parfois d'endormir le censeur, les éléments subversifs ont moins de chance d'être relevés que dans un livre mieux composé. La forêt cache l'arbre.


 

Le Rouge et le Noir, titre ouvert

Le premier titre de ce qui allait devenir Le Rouge et le Noir a tout d'abord été Julien. Puis, soudainement, Stendhal eut l'idée du nouveau titre qui, après une période de flottement, finit par s'imposer. Ce titre, sur lequel Stendhal ne s'est pas expliqué, a donné lieu à de nombreuses interprétations. Son côté ouvert le rend très suggestif.

L'explication la plus traditionnelle veut que ces deux couleurs expriment l'alternative dans laquelle se trouve l'ambitieux Julien Sorel. Pour un jeune homme né dans le peuple, il n'y avait que deux moyens de sortir de sa condition: la prêtrise et l'armée. Le noir évoquerait donc la soutane des prêtres et le rouge les uniformes militaires.

Cette explication n'est qu'à moitié satisfaisante. La condition des curés de village qui portaient la soutane n'était pas spécialement brillante. Chez Stendhal, à part quelques notables exceptions, les curés sont toujours représentés comme des paysans mal dégrossis ayant choisi cette voie pour ne pas avoir à cultiver la terre. Leur condition sociale n'avait rien à voir avec celle du haut clergé. Julien Sorel n'était pas homme à se contenter de cette portion congrue. Choisissant l'Église comme moyen de parvenir, il aurait plutôt pensé à la robe pourpre du cardinal, avec, en tête, le portrait de Richelieu par Philippe de Champaigne. Par ailleurs, les uniformes rouges étaient d'abord ceux de l'armée anglaise, les lecteurs de La Chartreuse de Parme le savent.

En dépit de ces réserves, cette explication ne peut être écartée. Le noir est aussi la couleur de la robe des jésuites dont l'association est toute puissante au moment où Stendhal écrit. Revenus dans les fourgons des émigrés, ils constituent une force politique qui, tout en soutenant l'autorité du roi, va jusqu'à la menacer. Si Julien Sorel avait été vraiment hypocrite dans l'âme, il aurait pu s'acoquiner avec cette sorte d'internationale noire dont Stendhal fait la satire dans son roman. Par ailleurs, si les uniformes de l'armée française sont le plus souvent bleus, les lanciers avaient des uniformes pourpres. Or, si Stendhal a passé sa vie à tomber de cheval, ses héros servent tous dans la cavalerie. En outre, il est bien placé pour savoir que, une fois les engagements terminés, sur un champ de bataille, tous les uniformes sont rouges.

L'armée était la solution qui, sous Napoléon, permettait à un jeune homme ambitieux et brave d'arriver rapidement. N'avait-on pas vu un fils d'aubergiste devenir en quelques années maréchal? Mais avec la restauration de l'ordre ancien, les choses avaient changé. Il ne restait plus que le noir de l'ambition basse et patiente. Julien Sorel était né trop tard dans un siècle trop vieux.

Une preuve allant dans le sens de cette interprétation traditionnelle est fournie par l'un des titres auxquels Stendhal a pensé pour Lucien Leuwen: L'Amarante et le Noir. L'amarante est la couleur de l'uniforme des lanciers. Le noir renvoie à l'habit de maître des requêtes. Le titre envisagé exprimait l'hésitation du héros entre une carrière militaire et une carrière administrative.

Le Rouge et le Noir pourrait exprimer aussi le conflit politique qui déchire la France de l'époque. Le rouge se rapporterait à la gauche libérale parfois républicaine (mais ne défilant pas encore avec le drapeau rouge) et le noir la monarchie solidement épaulée par le parti prêtre. Un autre titre envisagé par Stendhal pour Lucien Leuwen (Le Rouge et le Blanc) donne du poids à cette hypothèse. Le rouge correspondait, comme dans le cas précédent, à la gauche libérale et le blanc aux légitimistes par référence au drapeau blanc, drapeau du roi que les monarchistes souhaitaient réimposer au détriment du drapeau tricolore.

Ces deux interprétations ne s'excluent pas, et il est même possible d'en ajouter d'autres. Julien Sorel est un joueur qui prend des risques et perd. Le rouge et le noir sont des couleurs qui peuvent évoquer la roulette. Ce jeu existait déjà au XIXe siècle comme le savent ceux qui ont lu Le Joueur de Dostoïevski. Quelques lignes du journal de Stendhal ont aussi attiré l'attention sur un jeu de cartes appelé justement «la rouge et noire». En date du 5 mai 1804, il prend en effet un «arrêté» sur ce qu'il fera en matière de jeu. C'est nous qui soulignons l'expression dans le texte de cet arrêté :

«ARRÊTÉ:

Considérant qu'audaces fortuna juvat (La fortune sourit aux audacieux), et que si je ne fais rien d'extraordinaire je n'aurai jamais assez d'argent pour m'amuser, j'arrête:

Art. I

Tous les tirages de la loterie de Paris (les 5, 15 et 25) je mettrai 30 sous sur le terne 1,2,3.

Art. 2

Tous les premiers du mois je remettrai 3 francs à Mante pour qu'il les mette sur un quaterne à 1 franc chaque tirage.

Art. 3

Tous les mois j'irai jouer 6 francs et quatre pièces de 30 sous à la rouge et noire au n°113. Ainsi pour 13 francs 10 sous, j'acquerrai le droit de faire des châteaux en Espagne.»

Le terne était un groupement de trois numéros et le quaterne un groupement de quatre numéros, un peu comme pour le tiercé et le quarté